Les origines du nom de Winseler remontent probablement au nom propre de « Winizio » : on peut supposer dire qu’un homme d’origine franque du nom de Winizio, peut-être un prisonnier de guerre des Romains, s’établissait jadis en cet endroit. Les désignations varient au fil du temps : Winzelar (1310), Wintzelar (1349), (Wantzlaer) 1368, (Wintzlar) 1478, (Wanseler) 1495, (Wansler) 1501, (Wynseller) 1528 et (Wanszeler) 1537.

Winseler, où des substructures romaines ont été découvertes du côté de Grümelscheid, appartenait dès le 10e siècle à la seigneurie de Wiltz et faisait partie de la paroisse de Wiltz jusqu’en 1803. Godhart de Wiltz avait donné en gage le village comme ses autres propriétés de Winseler au sieur de Huward, Seigneur d’Autel, mais Jean de Wiltz récupérait ce gage en 1368. En 1469, des maisons de Winseler appartenaient à la prévôté de Bastogne, mairie de Doncols, et deux d’entre elles étaient sujettes à des contributions en faveur du duc de Luxembourg. En 1495, Winseler comptait 13 foyers, et 12 serfs étaient recensés en 1501. En 1525, il n’y avait plus que 8 foyers. Dans le relevé de 1528 nous trouvons quelques noms d’habitants de  Winseler: Mytzsehen Peter, Johann Villisz, Petersz Orrichgen, Mentgea Claisz, Peter Eyschorrenn, Nüwen Johann, Claisz Crantz et Nillisz Peter. 9 foyers sont mentionnés en 1537.  La liste des propriétés de la seigneurie de Wiltz mentionne en 1580 le pré « Poeckeswies » près de Winseler, et en 1598 « die Wahl wiess ». Entre 1624 et 1656, le nombre des foyers tombait de  14 à 5. Des habitants de Winseler ont probablement travaillé dans la papeterie que les seigneurs de Wiltz exploitaient  en 1674, mais qui n’était point florissante. En 1726, Jean Simon et son épouse Béatrix Antoin de Longwy reprenaient les installations à titre d’essai.

Quant aux vicaires ou hommes d’église chargés de dire la première messe à Winseler, nous savons que le premier était en 1723 Peter Molitor de Nothum « wohnend in Wewess hauss », le deuxième en 1727 Michel  Grundhausen de Kaundorf « wonend bey Kneip oder Wewess », le troisième en 1728 Engelbert de Grümelscheid. En 1729, les habitants construisaient une école afin de « desto bequemer ein Geistlicher zu halten für die mess zu lesen und die Kinder zu lehren ». Entre 1738 et 1749, Peter Molitor était chapelain au château de Wiltz, ensuite il exerçait la fonction de curé à Crendal. En 1730, Michel  Grundhausen devenait curé de la paroisse de Dunckroth. Engelbert de Grümelscheid participait à la consécration de la chapelle de Wiltz en 1729.

Certains hommes d’église sont originaires de Winseler, dont H. Eichhorn mentionné en 1694, ou Joseph Kneip, qui recevait la tonsure en 1730 et devenait curé à Flaxweiler en 1738. François Conzemius de Winseler était chapelain au château de Wiltz, et en 1757 il devenait curé à Brachtenbach.

En 1757, Nocher fit un emprunt auprès de la chapelle de Winseler, pour permettre au village de payer enfin le bâtisseur J. Koop d’Esch-sur-Sûre, qui avait construit la chapelle à  Nocher. Quatre ans plus tard, le curé Hahn de Wiltz annulait la dette, à condition que Nocher récite « zu ewigen Zeiten » plusieurs fois par an le chapelet et les litanies de Lorette. En 1762, Claudius Schwons est évoqué en tant que vicaire de Winseler dans le cadre de la rédaction du testament de Johann Kesch de Hamiville, chapelain du château de Wiltz. En 1776, le vicaire Treis de Winseler héritait de son cousin Karl Thill, curé à Useldange, mais à condition de prendre en charge une messe hebdomadaire fondée par ce dernier. En 1778  Winseler se plaignait de ce que le curé Vietor de Wiltz ne cessait de vouloir attribuer la responsabilité pour la chapelle locale à un certain habitant de Winseler, et cela en dépit du fait que la localité avait construit, doté et réparé la chapelle en commun et s’était occupée à tour de rôle de son intendance. En 1779, Thomas Huberty de Wiltz était vicaire à Winseler. Wiltz, Niederwiltz, Winseler, Erpeldange et Weicherdange formaient en 1803 la paroisse de  Niederwiltz, dont Winseler est aujourd’hui encore une filiale.

Au 19e siècle, deux changements dans le domaine des transports avaient des répercussions positives sur Winseler: il s’agissait d’une part de la construction de la route  Ettelbruck-Bastogne à l’occasion de la visite du Roi Grand-Duc Guillaume II. en 1848, et d’autre part de la ligne de chemin de fer entre Wiltz et la frontière belge. Depuis lors, la route est réparée de temps à autre, alors que le chemin de fer n’a laissé que des traces, dont les remblais et les tunnels.

Angelicus Vinselarius

Les « Chronica Huberti » traitent d’une personne originaire de Winseler à propos de qui aucun autre détail n’est connu. On peut y lire : « 1730 uff s. Matthias tag, zwischen 7 und 8 uhren ist zu Beven-Kassel (probablement Beurig-Castell), auff der Mosel, gestorben der Wohlerw. Pater Angelicus Vinselarius, capucinerim orden 49 Jahr, zwymal provincial, vielmal guardin, offt custos und Definitor, dreymal gewesen zu Rom auff dem General capital, homo religiosus de provincial Rhenana superiore bene meritus, gebürtig von Winseler aus Krantzen-Hauss.“

Joseph Schock

Le 17 décembre 1863 naît à Winseler Joseph Schock, que l’on connaît pour ses travaux de pionnier de la philatélie luxembourgeoise. En tant qu’employé des Postes du Luxembourg, il participe à la fondation de l’Union des Timbrophiles et, à partir de 1891, publie le « Moniteur du Collectionneur, Journal timbrophile et feuille d’annonces » dans le cadre duquel il publie, sous les pseudonymes MJ Letzeburg, Fr. J. lebrun et J. Bruno, ses premiers travaux élémentaires et, avec Jean-Charles Kohn, en 1891, une première « Etude sur les timbres du Luxembourg », suivie en 1899 par d’étude plus large sur « Les timbres-poste du Luxembourg ». Un travail sur « Les cartes postales du Luxembourg » paraît en 1893.

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