Le 5e volume (paru en 1971 et traduit en langue allemande par Karl Josef Minst) du Codex de Lorsch, un manuscrit comportant le cartulaire de l’ancienne abbaye princière de Lorsch (Laurissa, Land de Hesse) et conservé aux archives de l’Etat  de Bavière, contient le texte suivant de l’acte  3032 du 2 juin 775 (reg. 1182) concernant une donation d’Helmerich à Sonlez, sous l’abbé Gundeland et le roi Charles:

„In Gottes Namen, und zum Heile meiner Seele will ich, Helmerich, dem heiligen Martyrer N(azarius) eine Gabe zueignen. Der Leib des Heiligen ruht im Lorscher Kloster, dessen leitender Abt der ehrwürdige Gundeland ist. Ich wünsche meiner Vergabung ewigen Bestand und erkläre, dass sie auf meinem vollkommen freien Willen beruht. Ich schenke im Gau Erdehe im Dorf Sonenlar einen Herrenhof mit jeglichem darauf errichteten Bauwerk und alles, was ich dort bisher an Hofreiten, Wiesen, Wäldern, Gewässern, Wohnhäusern und Wirtschaftsbauten besessen habe. In ähnlicher Weise übergebe ich in demselben Gau, in den Dörfern Waltrungen, Dorenlar, Berenburstorph, Iaghine und Folcodingen, ferner im Dorf

Clutzarada am Flusse Mosela alles, was ich bisher in diesen Ortschaften an Äckern, Weingärten, Wohnhäusern, landwirtschaftlichen Bauten, Leibeigenen, Hofreiten, Wiesen, Wäldern und Gewässern besessen habe. Ich schenke, übergebe und übertrage alles mit Wirkung vom gegenwärtigen Tag aus meinem Besitzrecht in das Eigentums- und Herrenrecht des Hl. N (aearius). Vertragsabschluss. Geschehen im Lorscher Kloster am 2. Juni im 7. Jahr des Königs Karl.”

(Gau Erdehe = province des Ardennes; Sonenlar = Sonlez; Waltringen = Walter, Watrange; Dorenlar = Durler près de Malmédy; Berenburstorph = Birendorf près de Bitburg, ou Bursdorf près de Mompach; Iaghine = Gegen près de Bitburg; Folcodingen= Folkendingen; Clutzarada = Klüsserath)

Schleif

On peut en déduire que Sonlez est la plus vieille localité de la commune de Winseler à être attestée par des documents: il s’agissait d’un habitat franc. Le donateur Helmerich était un Franc exerçant entre 778 et 784 la fonction d’abbé à l’abbaye de Lorsch.

Nous ignorons comment la localité de Sonlez est ensuite passée des mains de Lorsch à  d’autres propriétaires ou administrateurs,  car nous ne disposons que de documents du 14e siècle, comme p.ex. celui dont il ressort que Henri d’Orley, « sire de Beaufort, chevalier prévôt d’Ardenne » annonçait le 8 août 1399 que Hervis, dit Crapeymont, alias Craparmont, prieur des «Scheelrr» de Houffalize, avait racheté la dîme de Sonlez à la dame Nicolle, veuve de Henri Lalman, et à ses enfants Gérard Lalman, curé de Sonlez, et Thierry.

D’autres éclaircissements sur le passé de Sonlez nous proviennent des relevés des foyers ou des ménages, et dans ce contexte il faut bien souligner que les expressions de « feu » et de « ménage » étaient utilisées des siècles durant, mais qu’à partir du 16e siècle elles n’avaient plus la  signification de « famille », elles ne désignaient plus qu’une estimation de redevances.

Le « Chasse-ménages de la prévoté de Bastogne dressé au mois de juillet 1469 » nous dit par exemple: « . . . en la ville de Sonlez y ait six maisons sur queles monsr ait hauteur et une doibt servir d’armes et de chevalz et une quy est gourgeoy et les autres sont taillables à monsr le ducq. » Monseigneur le Duc, c’était Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, et il voulait savoir où il en était avec ses gens s’il devait partir en guerre ou percevoir des impôts.

Sonlez ne figurait qu’avec un seul ménage au relevé des foyers de 1501. A l’époque, le curé de  « Sinle oder Donkolz » s’appelait Clais, et en 1510 un certain Thil Goudeler de Berlé portait plainte contre cet homme d’église, car ce dernier l’avait excommunié en prétextant qu’il l’avait frappé. Mais Thil Goudeler niait avoir administré des coups au curé et contestait donc cette excommunication. Ce Clais n’était pas le premier curé de Sonlez, et nous ignorons tant le nom du premier curé que les origines exactes de la paroisse. Il est peu probable qu’une église St-Nicolas ait existé à Sonlez avant le XIe siècle, car ce n’est qu’à partir de ce moment-là que le culte de ce saint a commencé par s’étendre au diocèse de Liège, dont Sonlez faisait partie. Les habitants de Sonlez – tout comme ceux de Baschleiden, Boevange, Harlange et Surré – ont probalement dû se rendre à Boulaide pour assister à la messe, car une église paroissiale y existait depuis le 9e siècle. Par la suite, une église était construite entre Sonlez et Berlé, dont l’emplacement près du ruisseau de Sonlez s’appelle encore aujourd’hui « Alkiirch ». Nous ignorons également les détails concernant cette église.

Le relevé des foyers de 1525, 1528 et 1537 ne mentionne qu’un seul ménage pour Sonlez, mais en 1531 la paroisse, dont Doncols faisait également partie, devait payer 5 livres, 7 sols et 7 deniers d’impôt destiné aux églises.

Quant au droit de proposer un curé, il pouvait être acquis contre argent comptant, mais également par héritage ou échange. Certains habitants de Sonlez avaient ce droit, dont la famille  Schoellen, également mentionnée comme Scholley, Scheulen, Schulles, Schullé, Schuller et Chule. Ce n’est que le 21 avril 1725 que Catherine Muller-Hinkels de la maison  Scheullen à Sonlez transférait sa sixième part de la dîme de Sonlez, Doncols et Bras ainsi que sa part à la collation de  Sonlez aux Trinitaires de Bastogne, et le couvent renonçait en contrepartie à la rente héréditaire de quatre grands muids de grains qui pesait sur la maison Scheulen depuis le 29 juin 1440, il payait en plus 40 thaler.

Les postes de curé à Sonlez donnaient également lieu à des procès. Ce fut notamment le cas en  1617, lorsque suite à la vacance du poste suscitée par le décès de M. Lamborel, le curé Denis Ballex reçut le 3 octobre son approbation pour la paroisse St-Nicolas à Sonlez avec sa chapelle bénéficiant du quart de la dîme, après avoir été investi le 27 septembre par le curé-doyen de Bastogne, qui venait de prononcer un jugement d’après le droit canonique dans le procès opposant Ballex à son concurrent.

Quelques années plus tard, en 1623, le coutumier de la mairie de Doncols donne les détails suivants sur Sonlez: « A Sonlez sont comparsonniers de Doncol. Iy at deux maisons du dit fief ethaumes tenables pesquels se réglent comme iceux du dit Doncol et obéir un maveur du dit lieu lorsque le cas le requiert pour toute sorte d’exécution et à autres ordres d’un sieur Grand-Prévost d’Ardenne. »

Le curé de Sonlez officiait également dans la chapelle de Doncols. Le 9 août 1640, le curé de l’époque  J. Alexandre se plaignait auprès du Conseil provincial, car suite à la mortalité et aux guerres, certains habitants ne lui livraient pas la rente qui lui était due pour les messes dites à Doncols ; cette rente était de 18 setiers de seigle et d’avoine par an. La guerre de Trente Ans et la peste avaient fait baisser le nombre de foyers, et si Sonlez en comptait six en 1624, il n’y en avait plus que cinq en 1656 ; au cours de la même période, le nombre des foyers à Doncols passait de 23 à 13. La baisse se poursuivait encore à Sonlez : en 1659 il ne restait plus que quatre foyers, et en 1668 seulement deux, de sorte que les habitants de ce village, tout comme ceux de Grümelscheid, où la baisse était plus forte encore, faisaient savoir au Conseil provincial qu’ils se verraient contraints d’émigrer et de suivre ainsi l’exemple d’autres villageois. Car les charges qui n’étaient plus assumées par les émigrés écrasaient les habitants  restés dans la région.

Il est noté pour l’année 1636 que 111 Polonais, arrivés dans la région avec les troupes de Piccolomini, étaient morts de la peste à Sonlez et à Doncols, et que le curé Alexandre les aurait fait enterrer dans la « tombe des Polonais ». Cette même année, 57 villageois seraient morts de la peste, 34 encore l’année suivante. C’est un fait que les habitants se réfugiaient dans les forêts environnantes pour y attendre des temps meilleurs. Mais quand une partie d’entre eux retournait au village, ils ne s’établissaient plus sur la rive droite du ruisseau, où les cabanes existantes finissaient par tomber en ruines. On trouve encore aujourd’hui des restes de murs et de fontaines, et l’on peut en déduire que cette partie du village à droite du ruisseau était jadis la plus importante.

En dehors des différends liés aux messes, il y a eu d’autres incidents entre Sonlez et Doncols.  Jacques Nicolas de Beulieu, curé à Sonlez, se plaignait notamment en 1671 de ce qu’un habitant de Doncols l’avait menacé de mort, l’assiégeait au presbytère et l’empêchait d’exercer ses activités pastorales.  D’autres détails sur ce cas – qui était soumis au Conseil provincial – ne nous sont pas connus.  Ce qui est sûr, c’est que le curé Nicolas est resté au village jusqu’en 1689, car son successeur n’est arrivé que le 23 juillet 1689 : François Belche avait été présenté par le prieur de Ste-Catherine à Houffalize et Nicolas La Preille de Doncols, et le curé-doyen de Bastogne avait procédé à son investiture. En 1722 François Belche était en conflit avec le curé de Dünckrodt, Jacops Mathai, à cause de la « signature d’un contrat de mariage » dont nous ne connaissons pas les détails, et le notaire Gilles en dressait le procès-verbal. Mais en 1730 il devait également rappeler à ses paroissiens qu’il leur incombait de reconstruire le presbytère et ses dépendances qui étaient sur le point de s’écrouler.

En 1761, Sonlez avait un curé et un curé rival. Le 13 février, le curé-doyen de Bastogne et curé de Surré J.B. Corneli avait investi Paul Asselborn, vicaire à Bastogne, de la paroisse de Sonlez, avec la collation des Trinitaires de Bastogne. Son installation dans la paroisse de Sonlez devait avoir lieu le 24 du même mois, mais le desservant Jean Toussaint ne voulait pas lui remettre les clés de l’église, de sorte que Paul Asselborn ne pouvait toucher que la porte de l’église et les murs (« die Kirchtüre und die Mauern berühren »). Toussaint parvint à s’imposer, car son installation dans la paroisse a eu lieu le 26 mars, et une vingtaine de collateurs sont énumérés. Le curé-doyen Corneli s’y opposait, Asselborn portait plainte, et Toussaint restait néanmoins en place jusqu’en 1767.  Mais son vicaire Jean-Michel Léonard de Bras, qui exerçait ses fonctions à Sonlez depuis 1764, avait été administrateur depuis 1756.  Après la mort de Toussaint, ses biens avaient été saisis à l’instigation de son beau-frère, mais Léonard protestait contre cette décision. Lui-même devenait curé en 1768. Il connut une autre satisfaction en 1772, lorsque le Conseil provincial condamnait son adversaire Jean-Hubert Boursy de Doncols au paiement des frais de justice et d’une indemnité à Léonard pour réparer le préjudice subi par ce dernier.

Le bouleversement général initié par la Révolution française se fit également sentir à Sonlez. Le curé Jean-Michel Léonard refusait de prêter serment à la République et prenait la fuite. On raconte qu’il aurait dit la messe clandestinement dans sa maison paternelle à Bras. Suite au Concordat entre le pape Pie VII et Napoléon Ier, le clergé connut à nouveau des temps plus calmes et Léonard retournait à Sonlez, où il s’occupait à nouveau de la paroisse jusqu’en 1809. Le pouvoir féodal avait été aboli le 13 février 1796, et la dîme appartenait désormais au passé. Dans le cadre d’une restructuration communale, le village de Sonlez a été intégré à la commune de Winseler, où il forme une section avec Doncols. (Mentionnons à titre de curiosité qu’en mars 1942, un communiqué en provenance de Wiltz annonçait que l’occupant allemand avait érigé la section de Doncols-Sonlez en une commune autonome de droit allemand “selbstständigen Gemeinde deutschen Rechts erhoben”,  alors que la mairie se trouvait à Wiltz.)

Né le 22 octobre 1762 à Sonlez, Jean-Benoît Determe était l’un des premiers échevins de la commune de Winseler. L’exercice de cette fonction semble dû aux études supérieures qu’il a pu faire à Vienne grâce à l’appui de son oncle et parrain Jean-Baptiste Determe, et au fait qu’il parlait aussi bien l’allemand que le français. Il est mort le 1er juin 1833, sa veuve le 12 août 1855. Leur tombe commune a été préservée à Sonlez.  Notons également qu’en 1804, le maire Tock de Mecher avait fait la demande de rattacher Berlé  à la paroisse de Sonlez, et il basait cette demande sur le fait qu’on parlait « franzosisch » à Sonlez, ce qui permettrait aux habitants de Berlé d’apprendre cette langue. La demande est restée sans suites.

L’emploi du wallon – désigné à tort comme du français – disparaissait au fil du temps, car comme les villages de Doncols et de Sonlez, où cette langue était parlée, étaient détachés de la Belgique et rattachés à Winseler, leur population devait s’adapter à la langue pratiquée au Luxembourg, le « Lëtzebuergesch ». En outre, les villages étaient habités par des douaniers et des gendarmes.

Le chemin en direction de Tarchamps, qui tourne à droite au bout du village, rappelle la période vers 1830. Il porte le nom de « Um Kanal ». Le nom provient d’un canal qui devait relier la Meuse à la Moselle en passant par l’Oesling, et qui était construit entre Buret et Hoffelt. Mais la Révolution belge a mis un terme à ce projet, et si l’ouvrage n’a jamais été achevé, on en trouve néanmoins encore des vestiges, notamment un tunnel à moitié terminé près de Hoffelt. Quelques habitants de Sonlez participaient à la construction de ce canal, ils gagnaient dix sous par jour. Mais comme la distance était  grande entre leur village et le lieu de travail, ils ne rentraient qu’en fin de semaine. Ils habitaient tous la même rue, et cette rue a gardé la dénomination « Um Kanal » après la fin des travaux et jusqu’à nos jours.

Sonlez était jusqu’en 1872 le siège de la paroisse, qui comprenait entre 1803 et 1839  également la chapelle de Bras, mais cette dernière était finalement réattribuée à l’église de Wardin. Ensuite le siège de la paroisse était établi à Doncols. Mathias-Richard Elsen, curé de Sonlez, devenait curé à Doncols et occupait cette fonction jusqu’en 1875. A partir de 1912, le cimetière se trouvait au carrefour de Doncols-poteau, sur la route de Schleif. Le cimetière et l’église de Sonlez étaient fortement endommagés au cours de la bataille des Ardennes. Lors de l’élargissement de la route en 1959, le cimetière a été légèrement déplacé et réaménagé. Quelques pierres tombales particulièrement impressionnantes étaient érigées le long des murs d’enceinte et de l’église. Elles sont essentiellement en ardoise et présentent d‘intéressantes sculptures. Les curés Michel Lamborel, Jean Alexandre, François Belche, Jean Toussaint, Jean-Michel Léonard, Gilles-François Conté, Jean-Michel Frankart et Mathias-Richard Elsen ont trouvé leur dernière demeure au cimetière de Sonlez.

La création du corps des sapeurs-pompiers de Doncols-Sonlez en 1911 était un grand événement de l’histoire locale. Plusieurs incendies avaient fait des ravages dans le village. Ce fut notamment le cas le 20 novembre 1899, lorsque la maison d’habitation, la grange et les étables de l‘agriculteur  Jean Flammang devenaient la proie des flammes. Les dégâts se chiffraient à 300 francs, et ils n’étaient que partiellement couverts par l’assurance. Mais la décision de fonder un corps des sapeurs-pompiers était prise suite à l’incendie qui se déclarait le 24 novembre 1911 vers midi au moulin de Sonlez. Certes, les habitants de Sonlez et Doncols venaient prêter main-forte en acheminant l’eau de l’étang vers le moulin, mais ils ne pouvaient sauver la maison d’habitation. Du coup on décidait de fonder un corps des sapeurs-pompiers pour les deux localités. Le brigadier des  douanes Differding, domicilié au village, était le premier instructeur du corps qui était admis le 12 août 1912 dans la fédération nationale des sapeurs-pompiers. Jadis, on trouvait également une laiterie à Sonlez.

Tout comme le reste du pays, le village de Sonlez souffrait des répercussions de l’invasion allemande du 10 mai 1940 et de l’occupation du territoire. Tout ce qui  sonnait français ou wallon était traduit en allemand, les noms de lieux comme les noms de famille. Les noms originaux étaient bien évidemment réintroduits après la guerre. Mais avant la Libération définitive, la bataille des Ardennes exposait la population encore une fois à d’indicibles souffrances. Les travaux de reconstruction étaient entamés dès la fin des combats, et aujourd’hui Sonlez a retrouvé une nouvelle vie et le village est plus beau que jamais.  

Jean-Baptiste Determe, plus tard de Terme

Jean-Baptiste Determe naît le 2 juillet 1741 à Sonlez. Son père, Paul Determe est originaire de Watrange, sa mère Marguerite Guilleaume de Sonlez. Le père, un charron peu aisé, souhaite que son fils et quatrième enfant exerce le même métier mais J. B. Determe se montre têtu, de sorte que le père, afin qu’il s’améliore, l’oblige à garder les porcs du village. Environ à l’âge de dix ans, le fils décrète en conséquence qu’il veut voir le monde, ce à quoi le père ne s’oppose pas, persuadé que cela lui formera l’esprit. Ainsi, J. B. Determe quitte Sonlez et se rend en Allemagne où il se débrouille tant bien que mal en demandant l’aumône. C’est ainsi qu’il atterrit dans un château dont on ignore le nom et dont le propriétaire, un baron, le remarque lorsqu’il l’entend se demander en gémissant comment diable il est possible que d’aucuns soient aussi heureux et riches alors que ses parents souffrent la misère. Le baron s’occupe alors de lui afin qu’il devienne un camarade de jeu de ses deux enfants. Determe en profite pour étudier car il est autorisé à assister aux enseignements dispensés par le précepteur du château. A Sonlez, il n’avait même pas eu la possibilité d’apprendre à lire. Après deux années, il a rattrapé le niveau d’étude des fils du baron et continue d’apprendre de façon autonome. Lorsque les deux fils partent à l’université, J. B. Determe est autorisé à les y suivre. Il poursuit alors à Prague, puis à Vienne, des études de philosophie et de droit, et parallèlement des études de théologie. Lorsque les enfants du baron rentrent chez eux, il reste à Vienne. Il obtient en droit et en philosophie un doctorat avec « summis cum laudibus et eximis cum honoribus », avec forces louanges et honneurs. Un an plus tard, il devient également docteur en théologie. Entre-temps, le baron est décédé, ses deux fils campent dans leur garnison aux Pays-Bas. Determe est ordonné prêtre et il célèbre sa première messe en 1762 par un requiem pour le baron. Le 22 octobre de la même année, il devient à Sonlez, avec Suzanne Léonard de Bras, le parrain de Jean-Benoît-Augustin-Jérôme Determe, troisième fils de son oncle Nicolas Determe. (A l’occasion du baptême du sixième enfant de ce même oncle, Marie-Esther, le 24 février 1769, il se fait remplacer par son père dans le rôle de parrain, de même que le 4 mars 1773 lors du baptême du neuvième et du dernier enfant de son oncle, Jeanne-Françoise-Augustine, le 19 février 1776). Sur ce, il retourne à Vienne et y occupe la fonction de prêtre et prédicateur dans la cathédrale de Stephansdom. Il gagne une certaine renommée en tant que prédicateur, ce qui convaincra l’impératrice Maria-Theresia de faire de lui son propre confesseur et celui de sa fille, Marie-Antoinette, qui deviendra plus tard reine de France. J. B. Determe a désormais échappé à la misère, de même que ses parents restés à Sonlez, à qui il envoie régulièrement des sommes d’argent. Il se lie également d’amitié avec Joseph II, le fils de Maria-Theresia, qui a environ le même âge que lui. Le 15 avril 1770, il est nommé capitulaire de la cathédrale, en remplacement de Simon Ambrosius de Stock. Le 9 juin 1778, Maria-Theresia présente au prince-archevêque de Vienne, le cardinal Migazzi, le « Cononicus Ioannes Baptista de Terme », cantor de la cathédrale. C’est la résolution même de l’impératrice – « je l’ai appelé de Terme » – qui détermine la manière avec laquelle la direction des archives du ministère autrichien de la Culture et de l’Enseignement s’exprime le 15 décembre 1911 à la demande de Schöffe Félicien Léonard de Wardin. Dans toutes ses résolutions, Maria Theresia ignorait habituellement le titre de noblesse. Si la préposition « de » était considérée comme une partie intégrante du nom, elle n’aurait certainement pas été supprimée dans le contexte de la résolution. Dans le concept du dossier de présentation de la chancellerie de la cour, il est généralement écrit «  Ioannes Baptista de Terme ». Nous ne savons pas pourquoi Determe est devenu de Terme, ni même s’il a jamais été officiellement anobli. Il n’est pas évoqué dans les archives de la noblesse du ministère de l’Intérieur. Comme Théo Tholl l’écrit dans une biographie du prélat publiée en 1962 dans la brochure commémorative à l’occasion du 50ème anniversaire de l’existence des sapeurs-pompiers de Doncols-Sonlez, et dans laquelle biographie on trouve des extraits des lettres du prélat qui se trouvent en sa possession, il est probable que Maria Theresia lui ait demandé de faire ce changement, d’écrire désormais son nom en deux mots, en réaction à la jalousie croissante dans son entourage de la part de certains membres du clergé noble, se souciant de l’harmonie entre sa grande dignité et ses origines roturières. Le 10 avril 1785, la commission cléricale de la cour remet à Joseph II une demande de de Terme pour le poste de prieur de la cathédrale. En l’occurrence, il ajoute pour justifier sa demande « premièrement, [qu’il] a eu la grâce d’enseigner la foi à sa royale sœur, reine de France, et deuxièmement, [qu’il] a été durant plusieurs années surveillant principal dans les matières religieuses des hôpitaux et assesseur de la direction de la fondation ». Selon les archives de l’ordinariat du prince-évêché, Jean-Baptiste de Terme est décédé à Vienne le 27 janvier 1887, bien que l’acte de décès indique la date du 26 janvier. La cause du décès invoquée est une fièvre putride. Il est enterré au cimetière St. Marx.

 

Les archives de Vienne ne comportent aucune indication sur sa sœur Catherine, baptisée le 18 janvier 1747 à Sonlez, septième et dernière enfant des époux Paul et Marguerite Determe-Guilleaume, de même que les archives de la noblesse du ministère de l’Intérieur ne connaissent ni Jean-Baptiste ni sa sœur. Jean-Baptiste de Terme a permis à sa sœur de fréquenter l’école conventuelle de Longwy de 1766 à 1769, puis il la fait venir à Vienne pour s’occuper de son foyer. Le messager Jean Chammin de Chavantenay, autour de Besançon, l’a conduite en coche de Sonlez à Vienne. Après la mort de son frère, elle serait entrée au couvent. Sans la moindre légitimité, elle se fait appeler de Terme. Le père en fait autrement, alors qu’il se rend également à Vienne en 1778 et y décède. La mère décède à Sonlez dès 1768.

 

Jean-Baptiste de Terme s’est également adjoint un blason que l’on peut contempler sur un portrait qui se trouve aujourd’hui dans un château à proximité de Charleroi. Il modifie ce blason en 1778.

 

Sa famille possède encore aujourd’hui à Doncols des souvenirs et des lettres de lui. Malheureusement, le prélat n’a jamais rien publié et ne tenait pas de journal dans lequel il aurait raconté les détails de son évolution auprès des têtes couronnées et des autres personnalités.

 

Jean-Baptiste Determe a six frères et sœurs :

 

Jean, baptisé le 13 mars 1735, parrains Jean Guilleaume de Doncols et Marie-Catherine Bovigny de Sonlez.

 

Nicolas, baptisé le 17 juin 1736, parrains Nicolas Guilleaume de Sonlez et Marie-Anne Determe de Watrange.

 

Jean, baptisé le 26 octobre 1738, parrains Jean Theis de Doncols et Anne-Marie Guilleaume de Sonlez.

 

Joseph-Baptiste, né et baptisé le 7 avril 1743, parrains Jean Feltus et Claudia le Meunier, tous deux de Sonlez.

 

Jeanne, baptisée le 30 novembre 1745, parrains Paul Schmitz de Sonlez et Jeanne Grandhenry de Watrange.

 

Catherine, baptisée le 18 janvier 1747, parrains Michel Solbout de Lutremange et Catherine Léonard de Bras.