Dans son Histoire de Saint-Hubert, Kurth note que les premières traces de la localité remontent probablement à l’an 1297, où elle est mentionnée sous le nom de Donco. En 1308, il est question d’un certain W. de Donce qui apparaît en tant que témoin. Le nom de Donco ou Donto se retrouve à nouveau en 1315. Nous ne connaissons toujours pas ses origines exactes. Dans la région allemande du Bergische Land, le terme de « Donc » désigne une hauteur ou une bosse.

Un certain Henri de Doncols est cité en tant que témoin dans un document du 16 décembre 1413 concernant une médiation dans le cadre d’un héritage.

Des données plus concrètes ne sont disponibles que pour l’année 1469 avec son « Chasse-ménages de la prévoté de Bastogne » dont il ressort que Doncols était à l’époque une mairie de la prévôté de Bastogne donnée en fermage. Cette mairie était dirigée par un mayeur et deux échevins nommés par ce dernier. Ils géraient ensemble la basse justice, alors que les affaires plus graves soumises à la moyenne et la haute justice étaient jugées dans une salle de la prévôté de Bastogne. La mairie couvrait les hameaux et villages de Doncol (Doncols), Sonlez (Soller), Grumesaux (Grümelscheid), Nortenge (Noertrange), Wanderlez (Wanderley), Herlez (Berlé), Hardelange (Harlange), Wartrenge (Watrange), Tarchamps, Bra (Bras), Harzy, Wardeim (Wardin), Nevel (Neffe), Pisory (Bizory), Luserie (Luzery), Mons (Mont), Marvie et Luterbay (Lutrebois), et le relevé mentionne les détails suivants sur Doncols: « En la ville de Doncols y ait seize maisons, sur queles monsieur le ducq ait la hauteur, dont les trois servent monseigneur d’armes et de chevalz et deux quy sont bourgeois de Bastogne; les autres sont taillables. » 

Les trois responsables de la mairie étaient de soi-disant affranchis, dont les relations avec le pouvoir étaient décrites comme suit dans les coutumes générales du pays: « Durch den gebrauch seynd auch so wol in welschen als teutschen quartieren andere standspersonen, genant Freyleuth, welche unter andern verpflicht, dem landfürsten mit pferd und wapfen zu dienen, und vermittelst dem seynd sie von verschiedenen rechten und leistungen befreyet, dahero sie den nahmen Freyleuth tragen. »

Dans le relevé des foyers de 1495, on trouve « Donckol » avec 10 foyers, celui de la « Mairie de Doncourt » de 1501 en mentionne 11. En 1525, on enregistre neuf foyers, et en 1528 il y en a 7 ½. Il faut néanmoins souligner que ces foyers ne représentent pas des ménages ou des familles au sens présent, mais il s’agit de parts d’impôts. En 1537, on note à nouveau dix foyers.

Le Dr Neyen se réfère à un coutumier de la mairie de Doncols datant de 1623: « Au village de Doncols sont vingt-trois maisons.

La juridiction haute et moyenne appartient nuement à Sa Majesté. Le seigneur de Wolkenhausen prétend y avoir un quartier dedans le ban de ce village dict le fief de Wolkenhaus sur lequel entend avoir juridiction foncière laquelle il fait exercer par un mayeur et hommes tenables qu’il at au lieu qui prétendent connaissance (de juridiction) foncière et aussi d’avoir le droit d’paréhension sur le fief et livrent le crosmond au dit sieur ou son commis de Nauville qu’il y faict dresser un proccesch après qu’ils ont pronosse la sentence en cas qu’il y ait chatoy corporel le le livre au sieur prévost du sieur baron de Houffalize pour en faire execution. Au dit Doncols sont cinq bourgeois et dix neuf taillables et sont iceux bourgeois redevables comme les précédents. » Il s’agissait du seigneur de Welchenhausen, dont la famille résidait à Vaux-Noville près de Bastogne et possédait des fiefs à Doncols, dont témoignent encore les lieux-dits « Grand bois de fief » et « Petit bois de fief ». Un certain Jean-François Koeune de Sonlez est le dernier greffier connu des seigneurs de Welchenhausen.

Il ressort des documents d’un procès qu’en 1631, la fonction de mayeur était exercée par  H. Hive. A l’époque, un litige l’opposait au curé Jean Alexandre de Sonlez, mais nous ignorons les détails de l’affaire. Le même Alexandre portait plainte en 1640, car les messes qu’il avait dites à Doncols devaient être rémunérées par 18 setiers de seigle et d’avoine, mais suite à la grande mortalité et aux guerres, quelques habitants n’assumaient plus leurs obligations.

Le document qui en témoigne constitue en même temps la première trace d’une chapelle à  Doncols, qui faisait alors partie de la paroisse de Sonlez.

En 1656, on ne comptait plus que 13 foyers à Doncols, contre 23 en 1624. La seigneurie de  Welchenhausen se plaignait également de cette baisse du nombre des habitants et par conséquent des redevances, car son chef le baron Baexen déclarait en 1681: « Je déclare tenir du roi de France un fief a Noville, aves appartenances, mouvant immédiatement à Sa Majesté », avec comme redevances « à Donckolz 15 demy mesures de seigle et 1 1/2 muid et 1/2 mesure d’avoire, mesure de Bastogne, et 4 chappons en un an, et en l’autre, un », ainsi que les « petites amendes », mais « les rentes sousdites sont pour le présent grandement diminuées » et « toutes les rentes et revenus à Donckols sont en décadence et toutes ces susdites rentes, je n’en tire rien ».

En 1689, Nicolas La Preille de Doncols présentait le curé François Belche qui sera affecté à l’église St-Nicolas de Sonlez. Cette même année, François Belche devenait le parrain de François Guillaume, fils de Jean Guillaume et de Suzanne Parmentier de Doncols, alors que Catherine Clais de Doncols était la marraine de l’enfant. Les registres paroissiaux témoignent encore d’une autre naissance en 1698: il s’agissait de Jacques Theys, fils de Pierre Theys et Anne Weveze de Doncols, dont Jacques Theys et Elisabeth Weveze de Winseler étaient les parrains. Ces inscriptions dans les registres paroissiaux comptent parmi les plus vieilles qui existent encore.

En 1717, un curé natif de Doncols est mentionné à Dunckrodt : le dénommé Jacobus Matthei est mort en 1730.

Le chapitre consacré à Sonlez renseigne également sur les litiges entre Doncols et Sonlez. .

 

Lorsque la République française s’établissait au Luxembourg, un natif de Doncols y jouait un certain rôle. Né le 2 novembre 1770 à Doncols comme fils de Jean Guillaume et Marie-Dieudonnée Toussaint, Jean-Paul Guillaume allait devenir le Commissaire du Directoire exécutif auprès de l’administration municipale à Wiltz, où il était également établi comme notaire. Il avait étudié la théologie avant de devenir précepteur au château de Wiltz, chez le Seigneur de Custine, qui se réfugiait d’abord à Luxembourg, ensuite à Bamberg, où il est mort en 1798. Guillaume devenait républicain, et au cours de la guerre des Gourdins il se trouvait donc contraint de prendre la fuite. Le curé Pierre Meyer et son neveu Petesch, également un ecclésiastique, l’aidaient à s’échapper, et par la suite il se montrait reconnaissant à leur égard en les protégeant de la déportation. Mais il subissait d’autres attaques graves, car le magistrat du canton Adrien François et un gendarme du nom de Scherffe l’accusaient d’avoir dit que le monde devait adopter la religion protestante. Nicolas Fox de Wiltz portait le jugement suivant sur Guillaume: « II est méprisé par tout ce qui respire l’honnêteté tant à Diekirch qu’à Wiltz. C’est un dernier rebut de probité et de pureté de coeur. » Mais c’est également un fait que Guillaume a bel et bien écrit à l’administrateur du Département des Forêts Jacques-Louis Failly qu’il avait fait arrêter deux curés de Wiltz et deux curés de Sonlez (Jean-Michel Léonard et Jean-Philippe Belche de Doncols), ce qui n’était pas vrai, car les ecclésiastiques n’étaient point inquiétés, même s’ils devaient se cacher. Guillaume devait également procéder à l’inspection des futures recrues. Mais seuls deux estropiés inaptes se présentaient, et on raconte que les autres se seraient cachés dans les forêts de Winseler et Grümelscheid, tout en proférant des menaces pour le cas où ils ne seraient pas approvisionnés.

En novembre 1798, deux cloches de l’église de Doncols avaient été amenées à Luxembourg, et en mai 1801 l’une d’entre elles était rapportée à Wiltz. Les habitants de Doncols réclamaient alors la restitution de leur bien, mais ils refusaient d’acquérir un mouvement d’horlogerie, étant donné qu’ils n’avaient jamais possédé un tel mécanisme. Mais seules les cloches qui sonnaient l’heure étaient restituées.

La Révolution française sonnait le glas du régime féodal, et la mairie de Doncols disparaissait. Désormais la localité faisait partie de la commune de Winseler.

A la fin du 18e siècle,  de nombreux habitants de l’Oesling travaillaient comme saisonniers en Hollande. Il est notamment question de Mathias Johanns et d’Antoine Tremianne de Doncols, qui se rendaient à Maastricht pour se faire embaucher pour des travaux de récolte.

L’installation de douaniers et de gendarmes à la frontière belgo-luxembourgeoise nouvellement créée impliquait une légère augmentation de la population à Doncols, qui était également un lieu de perception de la taxe sur le sel (elle s’élevait à 18 francs pour 100 kg).

En 1872, le siège de la paroisse était transféré de Sonlez à Doncols.

C’est en 1898 qu’une laiterie ouvrait ses portes à Doncols. Elle s’affiliait immédiatement à l’ « Allgemeine Verband». Mentionnons – à titre de curiosité – quelques nouvelles locales publiées dans le journal « Ardenner Bauer » de la même année. Il s’agissait notamment de l’histoire d’un renard abattu, qui ne portait pas moins de trois collets à lièvre autour du cou, dont il avait toujours réussi à se libérer. Ayant diffamé le garde-frontière Mathias Devaquet de Grümelscheid au café August Roth, un journalier de 31 ans était condamné au paiement d’une amende de 20 francs par  le tribunal correctionnel de Diekirch, alors qu’un habitant de 46 ans était condamné à 8 jours d’emprisonnement et 26 francs d’amende pour atteinte aux bonnes mœurs. En somme, rien de bien grave …

Doncols a vécu les heures les plus noires de son histoire au cours de la bataille des Ardennes, mais le village s’est relevé des cendres et se présente aujourd’hui dans toute sa beauté.

Illustres personnages

Demy Schlechter

L’agent des douanes né le 29 décembre 1852 à Untereisenbach Jean-Baptiste Schlechter épouse le 9 mai 1883 à Winseler Caroline Wolter, née le 30 octobre 1860 à Insenborn. De ce mariage naît le 12 février 1884 à Doncols Dominique, surnommé Démy, Schlechter.

Il passe à Doncols ses premières années, puis fréquente le lycée de Diekirch, toutefois seulement pendant deux ans car ses parents veulent faire de lui un commerçant et l’envoient à Luxembourg faire son apprentissage. Cependant, il étudie parallèlement la littérature et l’art et déclamera, lors des manifestations de compagnonnage de l’Union des employés de commerce, ses premières chansons, rédigées en langue allemande. Les poèmes de Willy Goergen l’inciteront par la suite à s’exprimer exclusivement en luxembourgeois. Son premier poème en luxembourgeois paraît en 1908 dans « Ons Hémecht », sa première pièce de théâtre, la comédie en un acte mise en musique par Pol Albrecht « Sou sin s’all », en 1911 chez Ch. Praum. Demy Schlechter s’installe en tant que commerçant indépendant mais l’arrivée de la Première Guerre mondiale l’oblige à fermer sa boutique et à devenir représentant de commerce. Il reste actif sa vie entière dans une demi douzaine d’associations et fait partie des premiers membre du « Lëtzebuerger Nationalinstitut » créé par le prof. Lucien Koenig. On compte parmi les œuvres de Demy Schlechter les pièces de théâtre « Wat de Villche vum Kräschtkëndche krut », « Wat den Himmel huet gebonnen » et « Et woren zwee Kinnekskanner », ainsi que le recueil de poèmes «  Vio’len ». Un second recueil, « Nei Vio’len », est resté un simple manuscrit et un drame de campagne, « Déi helleg Erd », inachevé. Demy Schlechter, qui épouse le 5 octobre 1909 Anne Muller de Luxembourg, décède le 13 juin 1923 à Luxembourg. Son père lui survit jusqu’au 29 juillet 1944 et sera l’agent des douanes ayant touché la retraite le plus longtemps dans le pays, durant 46 ans.

Ferdinand d’Huart

Ferdinand d’Huart naît le 13 mars 1857 à Doncols, où son père Gustave-Charles-Alexandre d’Hurt-Campill, fils du baron de Püttlingen, Jean-François-Charles d’Huart-Suttor, était stationné comme douanier.

 Il étudie à l’Athénée de Luxembourg où il reçoit notamment l’enseignement de Michel Engels, qui encouragera ses talents artistiques. De 1878 à 1880, Ferdinand d’Huart fréquente l’Académie de Munich qui dispense un enseignement académique strict. Son frère Martin, qui est un très bon ami de Michel Engels et visite en sa compagnie la Hongrie, intervient auprès du président du gouvernement de Blochhausen pour qu’il lui permette de poursuivre ses études, au même titre que les Français, à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Son intervention est un succès. Ferdinand d’Huart fréquente durant trois ans les cours du peintre Alexandre Cabanel, également un académicien strict. Il parvient à ce que d’Huart obtienne en 1886 un emploi de professeur de peinture au Collège des Oratoriens de Juilly-sur-Seine, où il enseignera et peindra jusqu’en 1902. Il expose en 1889 à Luxembourg une série de portraits, notamment des parents de l’évêque Koppes, ainsi que des paysages et des tableaux de mœurs. A partir de 1891, il alimente régulièrement le salon parisien des Artistes Français. C’est à cette époque qu’il peint des portraits du ministre d’Etat Emmanuel Servais, du gantier Gabriel Meyer, du peintre et ami Franz Heldenstein, ainsi qu’une scène de travail au jardin sur le Limpertsberg. En 1894, on peut contempler au salon du Cercle Artistique de Luxembourg des portraits de sa femme, née Marthe Lecluse de Messempre issue de Carignan, et de sa sœur. Le salon parisien accueille en 1904 une peinture de groupe de sa femme et de ses trois enfants, Adrienne, Andrée et Roger.

 A la fin des années 1890, alors que le Grand-duc fait rénover et remanier le palais, Ferdinand d’Huart reçoit la commande de copier différentes peintures comportant des portraits de Guillaume I, Guillaume II et Guillaume III qui sont destinés à la Chambre du prince. Le catalogue de notre musée comporte en plus de ces copies les portraits originaux du Prince Henri, du grand-duc Adolph et du Grand-duc Guillaume IV. Une représentation du Christ était prévue pour la Cour supérieure de justice, deux copies des peintures de H. F. van der Meulen ont été placées au ministère des Affaires étrangères actuel et représentent des vues de la ville de Luxembourg du côté des bains de Mansfeld et depuis le Limpertsberg. Au total, 28 œuvres de Ferdinand d’Huart sont dans les mains publiques.

 

En 1902, lorsque la séparation de l’Eglise et de l’Etat est adoptée en France, signifiant la fin du Collège des Oratoriens de Juilly, Ferdinand d’Huart retourne au Luxembourg où il s’installe dans un appartement avec atelier dans la rue Jean-Pierre Brasseur. Il est employé à l’école des arts et métiers comme professeur d’art, puis à l’Athénée. Il y dirigera jusqu’à sa mort, le 27 janvier 1919, un cours de peinture et une partie du cours de dessin. En plus de ces activités, il continue de peindre, de plus en plus de fleurs, mais également de nombreux portraits, notamment du Directeur général Léon de la Fontaine, du professeur Mathias de Waha et de sa femme, du ministre, Mathias Simmons, du Directeur général Georges Ulveling, du Major Alphonse München auprès de son fils, le maire du même prénom, du baron Hippolyte d’Huart, de Madame Joseph Brincour, de Madame Auguste Thorn auprès de ses deux fils, et d’autres personnes encore, dont seules les initiales figurent dans les catalogues. Sa fille Adrienne, née en 1892, devient également peintre, elle se spécialise dans les portraits d’enfants et dans les fleurs.

Camille Lamboray

Camille Lamboray naît le 7 juin 1915 à Doncols où son père Jean-Pierre Lamboray, stationné comme douanier, passe lui-même les six premières années de son enfance. Il fréquente l’école primaire puis l’Athénée à Luxembourg avant de faire son droit à Bruxelles, Paris, Aix-en-Provence et Montpellier pour obtenir en 1940 son doctorat. Durant ses études, il publie un journal « Etudiants » qui se poursuit jusqu’au 7ème numéro, s’engage dans des associations et fait partie des personnes à l’initiative de l’édification d’un monument commémoratif à la mémoire de Goethe. Son parcours l’entraîne ensuite à des postes très élevés. Ainsi, lorsqu’il part à la retraite en 1980, il est vice-président du conseil d’administration et directeur adjoint de la Caisse d’Epargne, Banque de l’Etat, et fait partie du conseil d’administration du Comité Monétaire de la Communauté Européenne, du Groupement des Caisses d’Epargne de la Communauté Européenne, de l’Institut Belgo-Luxembourgeois du Change, de la Bourse de Luxembourg et de la Société Nationale de Navigation Aérienne de Luxembourg (Luxair). Il rédige une étude significative sur la « Coopération des Caisses d’Epargne dans la Communauté Européenne », détient le titre de « Fellow of International Bank Association, FIBA, Washington » et est commandeur de l’Ordre de la Couronne de Chêne et officier de l’Ordre du Mérite. Camille Lamboray est marié à Irène Dosbourg de Luxembourg.

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